Je m’appelle Bertrand Snorri Clairiot. Auteur, professeur, joueur, papa… animé par une curiosité constante, par l’envie de comprendre le monde, les autres et les chemins parfois sinueux qui nous mènent à nous-mêmes. Je suis né d’une mère islandaise et d’un père français, et j’ai grandi bercé par deux cultures qui ont façonné mon regard. La culture scandinave, en apparence froide mais profondément humaine, chaleureuse et tournée vers la nature, l’aventure et le silence. Et la culture française, amoureuse des mots, des idées, de l’histoire et du récit. Cette double culture n’est pas un hasard de naissance, elle est un pilier de mon identité, un équilibre permanent entre introspection et expression.
Chaque année, je retourne en Islande. C’est mon pays du cœur. Je m’y ressource dans les eaux thermales de Reykjavik et de la campagne environnante. Ces moments, souvent partagés en famille, sont essentiels : ils me permettent de ralentir, de méditer, de réfléchir, de faire le point. Là-bas, le temps semble suspendu, et je retrouve une énergie brute, presque primitive, qui m’aide à repartir plus lucide et plus apaisé.
Je suis un passionné, un éternel voyageur. Voyager, pour moi, n’a jamais été une simple accumulation de lieux visités. C’est avant tout une rencontre avec les habitants, avec leurs modes de vie, leurs récits, leurs doutes. J’aime travailler et vivre en communauté, avancer ensemble, sans certitudes absolues, mais avec cette volonté commune de donner du sens à ce que nous faisons. Je me pose sans cesse des questions existentielles, parfois inconfortables, mais nécessaires.
Enfant, je rêvais de devenir archéologue, puis professeur de sport, avant de m’imaginer journaliste sportif. La vie en a décidé autrement, ou peut-être exactement comme il le fallait. Au gré des rencontres et des opportunités, je suis devenu professeur de français en Angleterre, une expérience fondatrice qui a duré six ans. En parallèle, j’ai mené une autre vie, plus risquée, celle de joueur de poker. Attiré par le jeu, le danger et l’adrénaline, j’ai exploré des zones plus sombres de moi-même. J’ai raconté cette trajectoire dans Le joueur 3.0, un livre auto-publié, sincère, où je questionne la frontière fragile entre le jeu innocent de l’enfance et ses dérives.
De retour en France, installé dans le sud, j’ai poursuivi un rêve ancien : devenir journaliste sportif. J’ai publié Zidane, la France, Mbappé, un ouvrage où je réinvente l’histoire, imaginant un destin différent pour les Bleus. Une réflexion sur le hasard, les choix et leurs conséquences.
Avec le temps, j’ai appris à fixer mes priorités. Le bien-être, l’amour et le désir de fonder une famille occupent désormais une place centrale. De retour dans mon Nord d’adoption, je prends le temps de me poser, de me préparer à une nouvelle étape de vie. Words (les maux), mon dernier recueil de poèmes inspiré des haïkus japonais, est le reflet de cette période : une exploration de la nostalgie, du monde, des Hommes et de l’Amour, fil conducteur de mon existence.
Aujourd’hui, une nouvelle page s’écrit. Je deviens père, et ce mot à lui seul redéfinit tout. Il m’ancre, me dépasse, m’oblige à ralentir autant qu’à regarder plus loin. Je reprends le sport, non plus dans une logique de performance ou de fuite, mais comme un retour au corps, à l’équilibre, à une discipline simple et nécessaire. Bouger pour être présent, pour durer. L’envie d’écrire, elle, ne m’a jamais quitté ; elle revient différemment, plus posée, plus essentielle. J’écris pour transmettre, pour laisser des traces, pour donner du sens à ce qui a été et à ce qui vient. Et déjà, de nouveaux voyages se dessinent à l’horizon. Voyager autrement, peut-être moins loin, peut-être plus profondément. Partir encore, mais désormais avec cette conscience nouvelle : celle d’un homme qui avance, accompagné, entre racines et horizons ouverts.