Les questions abordées dans cet article s'appuient sur des sondages réalisés par Sondages France et visent à dresser le bilan de la présidence d'Emmanuel Macron, à moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027. Entre les électeurs légitimistes et leurs opposants, le sort de la carrière politique de Macron est joué. Quelles que soient les aspirations des uns et des autres, le prochain mandat sera macronien ou non.

Macron peut-il rester au pouvoir ?

Selon la Constitution française, un président peut être réélu une fois consécutivement à son premier mandat. Le deuxième mandat d'Emmanuel Macron s'achève au mois de mai 2027. Selon un article de Reuters Connect en date du 29 août 2025, lors d'une conférence de presse à Toulon, Emmanuel Macron a déclaré vouloir rester en fonction jusqu'à la fin de son mandat : « Pour ma part, je crois en la démocratie. La démocratie repose sur le vote du peuple pour un mandat donné. Le mandat qui m'a été confié par le peuple français, et par nul autre, est un mandat que j'exercerai jusqu'au bout, conformément à l'engagement que j'ai pris envers le peuple français, et ce, malgré tout le respect que je dois à ceux qui ont été battus à plusieurs reprises lors de ces mêmes élections.»

Cela dit, il ne pourra pas se présenter à l'élection présidentielle de 2027. Il devra attendre l'échéance suivante, en 2032.

Pour qu'Emmanuel Macron fasse un troisième mandat consécutif, note Baptiste Régnard, journaliste à CNEWS, il lui faudrait modifier la Constitution. Deux voies sont théoriquement possibles : soit par référendum, soit par un vote du Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Une hypothèse qui demeure toutefois hautement improbable au regard du consensus politique qu'elle nécessiterait.

Emmanuel Macron met-il la démocratie en danger ?

Selon lui-même et ses défenseurs, la réponse est négative. Or, certains opposants et analystes soutiennent le contraire.

Sandrine Rousseau, femme politique, écrivaine et économiste française, a dénoncé publiquement les agissements du président : « Ce que fait Emmanuel Macron, c'est refuser le vote des Français ; il fait un déni du vote des Français. [...] On a un président de la République qui ne respecte pas la démocratie ».

De son côté, François Ruffin, député LFI, regrette que Macron remette en cause la démocratie, en imposant des décisions jugées contraires aux attentes populaires : « La démocratie, ça ne veut pas dire que pendant cinq ans, on se tait. Les gens ont le droit de contester. »

Plusieurs médias se sont également exprimés sur la question (cf. article de Carine Fouteau). Des organisations ou des rapports mettent en évidence une dégradation de l'environnement démocratique et des restrictions considérées comme antidémocratiques, mais nous ne sommes pas en « dictature ».

Emmanuel Macron est-il sous l'influence de l'extrême droite ?

Publiquement, E. Macron dit ne pas adhérer à l'idéologie d'extrême droite. Lors d'un discours à Dresde en Allemagne, il a appelé les dirigeants à « se réveiller » pour combattre la montée de l'extrême droite. De la même façon, pour les élections législatives, il a encouragé les partis modérés à s'unir contre les extrêmes.

Le sentiment qu'Emmanuel Macron soit dans la main de l'extrême droite vient du fait que certains jugent que les politiques économiques et sécuritaires du président ont favorisé la montée de l'extrême droite. Le blog politique Médiapart parle du gouvernement Macron comme d'un néolibéralisme qui a influencé la montée de l'extrême droite dans l'échiquier politique.

Une responsabilité qu'Emmanuel Macron reconnaît lui-même : « J'ai une responsabilité dans le fait que, sans doute, je n'ai pas apporté de réponses assez rapides et radicales à des inquiétudes légitimes qu'avaient nos compatriotes ».

Dans d'autres circonstances, le président a refusé de prendre l'entière responsabilité de cette situation politique : « Regardez l'extrême droite monter dans d'autres pays d'Europe. C'est un fait européen. »

Emmanuel Macron est-il à la hauteur de sa fonction ?

Les derniers sondages dressent un constat sans appel : la popularité d'Emmanuel Macron est au plus bas. Selon Sondages France, 91 % des personnes interrogées estiment qu'il n'est pas à la hauteur de sa fonction. Mais qu'en disent les experts ?

De nombreux analystes lui reconnaissent une volonté politique et des aptitudes décisionnelles sur des dossiers complexes, ainsi qu’une stratégie et une proactivité en matière de politique étrangère. L'analyse politique de le Monde soutient la politique macronienne forte et une vision européenne affirmée.

Ce n'est pas le point de vue de l'historien Pierre Serna qui estime que le président devrait se passer de certaines pratiques politiques pour rassembler au lieu de diviser : La démocratie se vide de sa substance. Emmanuel Macron est ainsi un président clivant, mettant tout le monde d'accord sur ses aptitudes à décider et à s'imposer, mais dont le style de gouvernance attire les opposants.

En 2025 déjà, selon une étude Odoxa, plus de 80% des sympathisants de gauche, les trois quarts de ceux de droite et la quasi-totalité des RN (97%) jugent que son bilan est un échec.

L'une des dernières études d'Odoxa situe d'ailleurs la popularité de Sébastien Lecornu bien au-dessus de celle du chef de l'État, avec une avance de 13 points (34 % contre 21 %).

Les Français ont-ils tourné la page du macronisme de façon anticipée ?