Je travaille dans la formation depuis 2002, et avec la digitalisation, le Covid, l’IA, le distanciel, le présentiel, les plateformes d’e-learning, le paysage de la formation a beaucoup changé, et a vu émerger de nombreuses pratiques nouvelles. Pas forcément toutes performantes, ni vraiment éthiques.
Si l’on doit comparer formation et enseignement, revenons aux définitions de base… Commençons par la formation.
La formation est un processus d’apprentissage organisé visant à développer des compétences pratiques, professionnelles ou personnelles chez un individu. Elle est souvent orientée vers l’action, l’adaptation à un métier ou l’amélioration des compétences tout au long de la vie (formation initiale ou continue). Ainsi, l’objectif principal est l’acquisition du savoir-faire dans une situation pratique et réelle.
L’enseignement, quant à lui, est une activité par laquelle un enseignant transmet des connaissances théoriques, culturelles ou scientifiques à des apprenants. Il vise avant tout la construction du savoir et de la réflexion intellectuelle.
Ainsi la différence majeure entre les deux : l’enseignement est centré sur la transmission du savoir, alors que la formation est centrée sur le développement des compétences.
L’évolution des formats de la formation continue depuis 2000 : vers plus de flexibilité et d’individualisation
Depuis le début des années 2000, le paysage de la formation continue a connu des transformations profondes, principalement sous l’effet du développement des technologies numériques, des mutations du monde du travail et de l’évolution des besoins des apprenants adultes. Ces changements se traduisent moins par une remise en cause des finalités de la formation que par une diversification et une hybridation croissantes des formats pédagogiques.
Au début des années 2000, la formation continue reposait majoritairement sur le présentiel en salle. Ce modèle, hérité de la formation initiale, privilégiait le face-à-face pédagogique, des groupes réunis dans un même lieu et un temps d’apprentissage clairement délimité. Le formateur occupait une place centrale, tandis que les apprenants adoptaient le plus souvent une posture relativement passive. Si ce format favorisait les échanges humains et la dynamique de groupe, il présentait aussi des limites importantes : coûts élevés, contraintes logistiques et difficulté à concilier formation et activité professionnelle.
Avec la diffusion progressive d’Internet et des outils numériques, l’e-learning fait son apparition à partir du milieu des années 2000. Les premiers dispositifs en ligne proposent essentiellement des modules asynchrones, souvent standardisés, permettant aux apprenants de se former à leur rythme. Ce format introduit une rupture majeure : l’apprentissage n’est plus nécessairement lié à un lieu ni à un horaire précis. Toutefois, ces premières expériences montrent rapidement leurs limites, notamment en matière d’interaction, de motivation et de taux d’abandon.
Face à ces constats, les années 2010 voient émerger le blended learning [apprentissage mixte], ou formation hybride, qui combine présentiel et distanciel. Ce modèle cherche à tirer parti des avantages de chaque format : le présentiel pour les échanges, la pratique et la cohésion du groupe ; le distanciel pour l’apport de contenus théoriques et la flexibilité. Parallèlement, de nouveaux formats se développent, tels que les classes virtuelles synchrones, les MOOC, le micro-learning [micro-apprentissage] ou encore le mobile learning [apprentissage mobile]. La formation continue devient alors plus modulaire, plus personnalisable et mieux intégrée aux contraintes professionnelles des apprenants.
L’année 2020 marque un tournant décisif avec la crise sanitaire, qui impose brutalement le distanciel comme solution principale de continuité pédagogique. Les classes virtuelles et les formations en ligne se généralisent, accélérant une transformation déjà amorcée. Cette période met cependant en évidence les limites du tout-distanciel : fatigue numérique, inégalités d’accès aux outils et besoin persistant d’interactions humaines.
Depuis 2021, la formation continue s’oriente vers des formats hybrides flexibles et intelligents, centrés sur les besoins réels des apprenants. L’objectif n’est plus de choisir entre présentiel et distanciel, mais de les articuler de manière pertinente. La formation devient un parcours évolutif, individualisé et souvent intégré à la situation de travail. Ainsi, l’évolution des formats reflète un changement plus profond : l’apprenant adulte est désormais considéré comme un acteur autonome de son apprentissage, au cœur de dispositifs souples et adaptatifs.
Mais attention à tous ces formats en e-learning, qui prétendent être de la formation et qui sont de l’enseignement…
Vigilance donc sur tous ces formats qui ne proposent pas vraiment de personnalisation, ni de montée en compétences… et qui coûtent des fortunes… le moteur de l’organisme est davantage financier que pédagogique…
Quelques éléments à vérifier avant de prendre une formation… Y a-t-il des interactions prévues avec le formateur ? Comment s’effectuent-elles ? À quel rythme ? Comment ? Sous quel format ? Qu’est-ce que ces interactions permettent de valider ??? Vais-je en tant qu’apprenant monter en compétences ? À quel rythme ?
Mon formateur est-il disponible ? Bref ?
Valider toutes ces questions est essentiel car il y a une pléthore de formations sur internet qui ne sont que de l’information bien empaquetée, bien déguisée !!
À l’heure où l’offre de formations explose, développer un regard critique devient une compétence en soi. Car se former, ce n’est pas seulement apprendre : c’est réellement progresser.















