Dans le cadre du programme In Situ, le M HKA présente une nouvelle installation/performance in situ de l’artiste belge pluridisciplinaire Stef Van Looveren.
Le projet aborde l’espace muséal comme un lieu hybride entre temple, corps et laboratoire alchimique, et se concentre sur la transformation matérielle – liquéfaction, fusion et réflexion – en tant que mode d’exploration du changement. Et ce, à la fois en tant que rituel et expérience incarnée.
La performance Opus II (17.01.2026) ouvre l’exposition et constitue le premier chapitre de l’œuvre. Au lieu de découvrir une installation achevée, les visiteur·euses assistent en temps réel à la construction d’un espace : une procession ritualisée au cours de laquelle des performeur·euses transportent et activent des objets. Ce processus établit le cadre spatial et symbolique de l’exposition et définit la logique qui guidera sa configuration ultérieure.
Une triade de formes sculpturales qui produisent des sons, inspirées de structures qui ressemblent à des orgues, à des formes d’œufs et de graines, de cloches et de récipients élémentaires constitue le cœur du vocabulaire de Van Looveren. Ces sculptures renvoient aux conceptions alchimiques de la matière, à la fois physique et symbolique. La lumière qui interagit avec les surfaces argentées crée des reflets changeants, tandis que les mouvements des performeur·euses et des visiteur·euses rendent les références figuratives abstraites et évoquent des thèmes tels que les cycles de vie, la décomposition et le renouveau. L’installation fait vaguement écho à la structure d’un arbre de vie, suggérant un système interconnecté de formes et d’énergies.
L’œuvre invite les visiteur·euses à entrer dans un espace intérieur et introspectif où le conditionnement social peut être remis en question. Van Looveren le décrit comme une forme de « travail de l’ombre » qui explore ce qui subsiste lorsque les rôles et les identités hérités perdent leur emprise. Les processus alchimiques – dissolution, transformation, reconfiguration – servent de métaphores à l’identité fluide, à la nature queer et au refus de la pensée binaire.
Les références aux corps cyborgs, à l’androgynie et aux incarnations intersexuées soulignent la capacité de métamorphose continue. Les corps argentés suggèrent à la fois des résonances médicales, futuristes et sacrées – en partie opération, en partie machine, en partie divines.
Le son fonctionne comme un élément structurel, la musique, comme un mantra construit sur la répétition, faisant écho aux cycles de la vie. La séquence commence par la voix de l’artiste – à la fois vulnérable et constitutive de l’identité – reliant le son à l’expression du genre, à la guérison et à la puissance. La voix s’amplifie à travers des cloches, des objets accordés et des instruments live.
Tout au long de l’exposition, les matériaux changent et les surfaces fondent, ce qui maintient l’installation dans un état de flux et reflète la pratique plus large de Van Looveren, qui remet en question les notions figées du corps et embrasse la transformation continue. Il en résulte un espace en devenir, ouvert, réfléchi et ancré dans la présence physique des corps, des sons et des matériaux.
















