Artiste multidisciplinaire — sculpture, dessin, estampe, photographie, objets, vitrail, tapisserie —, Kiki Smith déploie depuis plus de quatre décennies une œuvre d’une remarquable cohérence. Loin de fragmenter sa pratique, cette diversité de médiums révèle au contraire un fil conducteur solide, qui traverse l’ensemble de sa production : la continuité et l’unité du vivant. L’humain, l’animal, le végétal s’articulent en une chaîne qui ne connaît pas de ruptures, allant du micro cellulaire à l’infini cosmique.
Un fil que l’artiste peut tirer de l’observation de l’écorce des bouleaux près de sa maison, des pigeons des parcs de Manhattan, d’une pleine lune et de la voie lactée, mais aussi de la lecture de Lewis Carroll, d’un livre d’anatomie, de la poésie d’Emily Dickinson, de contes et de légendes… De tout cela, avec une totale sincérité, parce qu’elle ne peut faire autrement, dit-elle, elle bricole et tresse une histoire plastique qui gagne sans cesse en force et en richesse avec le temps.
Cette exposition est la dixième de l’artiste à la Galerie Lelong, en 25 ans de collaboration. Elle réunit des bronzes, deux grands vitraux, des dessins, une imposante estampe. Flight est le titre choisi par l’artiste. On ne sera donc pas surpris de trouver dans cette exposition des oiseaux aux symboliques multiples : aigles majestueux, colombes messagères ou chouettes clairvoyantes. Comme souvent chez Kiki Smith, la nature est le miroir de l’humain. L’artiste projette dans les figures animales les sentiments qui l’animent : peurs, désirs ou rêves.
















