Gagosian a le plaisir d’annoncer The house on Utopia Parkway: Joseph Cornell’s studio reimagined by Wes Anderson, une exposition conçue par le commissaire Jasper Sharp et le célèbre cinéaste américain Wes Anderson. Présentée à partir du 16 décembre 2025, l’exposition transporte l’atelier new-yorkais de l’artiste au cœur de Paris, transformant la galerie du 9 rue de Castiglione en un tableau soigneusement mis en scène, à la fois capsule temporelle et boîte en trois dimensions grandeur nature, pour la première présentation individuelle des œuvres de Cornell à Paris depuis plus de trente ans.

Joseph Cornell (1903–1972) ne savait ni dessiner, ni peindre, ni sculpter, et n’avait reçu aucune formation artistique, il a pourtant créé l’une des œuvres les plus originales et marquantes du XXe siècle. Bien qu’il n’ait jamais quitté les États-Unis, la ville de Paris occupait une place importante dans son imaginaire. Il en arpentait les rues à travers des cartes postales, des guides et des conversations avec son ami Marcel Duchamp; il a consacré des dizaines d’œuvres à ses poètes, palais et figures historiques. Dans la modeste maison familiale d’Utopia Parkway, dans le Queens à New York, qu’il partageait avec sa mère et son frère, il travaillait dans un atelier en sous-sol entouré d’étagères garnies de boîtes à chaussures blanchies et de boîtes en fer remplies d’objets récoltés lors de ses explorations dans les librairies, les antiquaires et les bazars de Manhattan. Il appelait cette collection d’estampes, plumes, cartes, billes, jouets, coquillages et autres objets son « département des pièces détachées ». C’est là qu’il puisait la matière première de ses collages, assemblages et boîtes objets, qui allaient influencer plusieurs générations d’artistes—de Yayoi Kusama, Robert Rauschenberg, Betye Saar, Carolee Schneemann et Andy Warhol, jusqu’à de nombreux artistes aujourd’hui.

C’est cet univers que Wes Anderson, et plusieurs de ses collaborateurs de longue date, avec la scénographe Cécile Degos, font revivre à Paris à travers plus de trois cents objets et curiosités issus de la collection personnelle de Joseph Cornell. Dans ce décor évocateur, plusieurs de ses célèbres boîtes—poétiques reliquaires de mémoire et imagination—sont exposées, dont Pharmacy (1943), autrefois propriété de Teeny et Marcel Duchamp et inspirée d’un vieux cabinet d’apothicaire. Untitled (Pinturicchio boy) (vers 1950), œuvre emblématique de la célèbre série Medici, juxtapose des reproductions multiples du Portrait d’un garçon (vers 1480–82) de Bernardino Pinturicchio, placées derrière un verre teinté d’ambre, à des cartes de guides touristiques italiens et à des jouets en bois. A dressing room for Gille (1939) rend hommage au Pierrot (1718–19) de Jean-Antoine Watteau, également connu sous le nom de Gilles, conservé au musée du Louvre, à quelques pas de la galerie. Enfin, Blériot II (vers 1956) honore Louis Blériot, l’inventeur français qui fut le premier à traverser la Manche en avion motorisé. Aux côtés de ces oeuvres figurent des prêts du Joseph Cornell Study Center du Smithsonian American Art Museum de Washington, comprenant plusieurs boîtes inachevées qui offrent un rare aperçu du processus de l’artiste.

The house on Utopia Parkway peut être vue depuis la vitrine donnant sur la rue, transformant la galerie elle-même en une boîte de Cornell grandeur nature. Subtilement éclairée de l’intérieur, elle évoque les nombreuses heures que l’artiste passait à travailler tard dans la nuit.

Dans le numéro d’hiver du Gagosian quarterly, Jasper Sharp présente un texte de Sarah Lea relatant les visites à l’atelier de Cornell, parmi lesquelles celles de Tony Curtis, John Lennon, Susan Sontag et Billy Wilder, ainsi que de nombreux artistes.