Le travail de Francisco Tropa se fonde sur un imaginaire qui se nourrit en permanence de littérature, de philosophie, d’histoire ou de conversations, notamment à travers l’exploration de thèmes comme la vanité ou les représentations de la mesure du temps. Miss America est le nom d’un bateau ima- giné, où l’on s’embarque dès que les portes de la galerie ont été franchies. C’est aussi le titre d’un récit, mis en images par Tropa. Ainsi, l’exposition convoque de façon allégorique l’univers maritime et plus particulièrement le naufragium, au sens antique (romain) du terme, c’est-à-dire l’accident ou la chute incontrôlée. Ce mot était employé pour désigner le naufrage des navires aussi bien que les accidents de chars dans le cirque.
Le bateau, les marins, le naufrage sont aussi des figures qui font surgir des images, depuis des temps ancestraux, comme Ulysse de l’Odyssée et qui sont associées au récit d’un personnage toujours en déplacement. On trouve à l’origine de cette exposition un objet, découvert lors d’une fouille par un ami archéologue : une petite tour en bronze avec un escalier intérieur, qui servait à lancer les dés de- puis une ouverture située sur le dessus, faisant intervenir la chance, et pouvant agir comme allégorie de l’idée du naufragium romain.
La première partie de cette fiction, Miss America, a été récemment présentée au Palazzo De’ Toschi à Bologne sous le commissariat de Simone Menegoi. À la Galerie Jocelyn Wolff à Paris, le visiteur est amené à découvrir les deux nouveaux chapitres qui complètent l’histoire de Miss America: Pauvre capitaine et Naufrage.
Le mythe du marin s’accompagne aussi de chants. L’artiste a ainsi demandé à un de ses proches, issu de l’univers maritime, d’écrire trois chansons, inspirées chacune des trois chapitres de l’histoire. Elles reflètent le langage du marin et donnent les pistes pour déchiffrer l’allégorie. Celles-ci sont mises à disposition du public grâce à un dépliant à l’entrée de la galerie.
















