Déesse du ciel, protectrice de l’astronomie et de la géométrie, fille de Zeus et de Mnémosyne, Urania est également le titre d’une série de livres de science-fiction culte lancée au début des années 1950 par la maison d’édition italienne Mondadori. Guidée par le langage formel de la science-fiction et traversée par des fragments du ciel, cette première exposition collective dans notre nouvel espace se conçoit comme un projet de recherche, réunissant une constellation de propositions artistiques contemporaines qui explorent le champ de la sculpture et favorisent un dialogue intergénérationnel entre artistes.
Tête noire 2 (2025) de Diego Bianchi est l’un des premiers bronzes de l’artiste, exposé pour la première fois et réalisé à partir de la fusion de différents éléments de rebut, certains trouvés dans la rue et reflétant la sur-consommation : câbles d’ordinateur, fragments d’objets électroniques etc.
Katinka Bock nous offre trois nouvelles pièces, collages-sculpturaux évoquant pour l’un les jeux d’équilibre et de tension chers à l’artiste (Horloge (2025)), les relations entre les éléments mécaniques ou domestiques et le corps humain (Cardiogram I (2025) and Cardiogram II (2025)).
Weeping rock (2025) de l’artiste brésilienne Paloma Bosquê joue sur l’illusion d’un rocher entièrement réalisé avec des matériaux d’origine non-minérale (fibre de coton, couches de résine), et d’une fontaine dont la forme sort directement de la relation entre la nature géologique et le corps humain féminin.
L’utilisation du vitrail est le dénominateur commun de l’important ensemble d’oeuvres de l’artiste ukrainienne Daria Koltsova, travaillant certains registres communs aux artistes précédemment cités: Witnesses (2024), paire de tournesols noirs, jouent sur le jeu de reflets entres les deux grandes $eurs / boucliers; Cracks (2024), seaux métalliques dont le contenu liquide a été remplacé par un vitrail évoquant à la fois la surface de l’eau et la brisure; réalisée dans le contexte de sa résidence au domaine des Oseraies, la série Toys (2025) présente des couteaux réalisés à partir de brisures de vitraux, dont la violence acérée est tempérée par la séduction des couleurs et des iridescentes.
muses (2025) est une pièce réalisées par Daiga Grantina avec des matériaux synthétiques évoquant des formes biologiques comme les « buffs », contre-formes gon$és recouvertes de tissu, suspendues par de la maille métallique. Sans référent en nature, muses (2025) évoque un registre iconographique proche des illustrations des livres de science-fiction.
La suspension de céramique d’Isa Melsheimer intitulée Feston I (2022) renvoie ainsi aux guirlandes de $eurs et de feuilles, fraîches ou sculptées, qui servent d’ornementation architecturale, tout en évoquant également les formes du chapelet, de la colonne vertébrale ou de la liane.
Les deux œuvres d’Annie Quéméneur Lauras, La grande hostie (2020) (placenta de jument et de colle animale) et La pierre fertile (2015) d’origine minérale (craie mélangé avec colle animale), témoignent de l’ancrage de l’artiste à la terre et au monde agricole dont elle sublime les matières premières en des composition abstraites réalisées par couches et stratifications.
SR 47348 (2024), titre de la pièce de Chloé Royer, est aussi le nom d’un prototype de chaussure qui en compose une partie et qui re$ète de l’amitié et de la collaboration de longue date de l’artiste avec Salomé Burstein (Shmorévaz). Les jambes en bois sculptée qui chaussent le prototype, rappelant à la fois l’os et la chair, sont tenues par des cingles en silicone et dessinent une forme de corps sans tête, un corps sans présence entière mais défini par son seul mouvement potentiel.
Christoph Weber est fasciné par les qualités du béton — a"iré par sa malléabilité, sa maniabilité et son potentiel créatif. Dans ces œuvres spécifiques présentées ici, les formes en béton, évoquant son langage sculptural typique, sont mises en contraste avec la cire d’abeille utilisée comme base — un matériau entièrement différent, mais tout aussi malléable et durable — créant ainsi un contraste saisissant et tactile.
La technique privilégiée de l’artiste de Shangai Yunyao Zhang est le dessin à la main levée sur feutre. Study in portraiture 4 (after temple of love by Rick Owens) (2025) et Hypothesis on evolution (2025) sont deux des pièces exposées réalisées avec cette technique. La première appartient à une famille d’oeuvres inspirées par la récente exposition du créateur de mode Rick Owens au Palais Galliera, la deuxième, évoquant un univers à la David Cronenberg, représente un être alien (colonne vertébrale, méduse, phallus) accompagné par son dessin-étude sur papier. La quatrième pièce exposée, elle aussi intitulée Hypothesis on evolution (2025) présente une image inspirée par Modigliani et le Cycladiques de Brancusi complétée par le collage d’une plante séchée cueillie au Portugal.












