Templon New York présente Iván Navarro : Light years, une rétrospective chronologique retraçant l'œuvre de l'artiste depuis 2004. Conçue comme une exposition anniversaire, Light Years célèbre à la fois le soixantième anniversaire de la galerie et plus de vingt ans de collaboration avec Iván Navarro.

L'exposition s'articule autour de trois œuvres majeures qui en illustrent pleinement les enjeux et la portée conceptuelle : Landless land (2023), Flashlight: I'm not from here, I'm not from there (2006) et Resistance (2009). Pensées comme des sculptures animées par l’électricité, activées par le mouvement et la performance vidéo, ces œuvres forment le cœur de la démarche d’Iván Navarro. Leurs titres — issus du lexique technique de l’électricité — inscrivent la métaphore dans une matérialité concrète et rendent lisible la stratégie de l’artiste : détourner des objets utilitaires afin de les transformer en instruments de réflexion politique et existentielle.

Ce parcours s'ouvre ainsi avec Landless land, film muet réinterprétant l’installation Homeless lamp, The juice sucker (2004-2005), aujourd’hui conservée dans les collections du Solomon R. Guggenheim Museum de New York. La lumière y devient une condition de survie plutôt qu'un simple moyen d’éclairage, une métaphore de l'espoir et du déplacement. Conçue à la même période, Blue electric chair (2004) introduit l’un des axes majeurs du travail de Navarro : la contestation politique. En transposant un objet intimement lié à la violence institutionnelle en une structure lumineuse, l’œuvre établit un dialogue avec l’histoire du design moderne tout en interrogeant les mécanismes du pouvoir, de la répression et du contrôle.

Flashlight: I’m not from here, I’m not from there, activée par le corps et mise en récit par la video, explore la tension entre enracinement identitaire et sentiment de ne jamais véritablement appartenir à un lieu. Une édition de l’œuvre est conservée au Hirshhorn Museum, Washington, D.C. La notion de contestation s’incarne ensuite pleinement dans Resistance, exposée pour la première fois à la 53e Biennale de Venise, et dont l’une des versions est visible dans les collections du Nuevo Museo de Santiago, Chili. L’électricité y est produite par l’effort physique, matérialisant littéralement l’opposition comme tension au sein des systèmes de pouvoir. Ces trois installations sont également accompagnées de chants, qui illustrent l’exploration du lyrisme par l’artiste, composante essentielle de sa démarche. Ainsi, la même année, Drums (2009) approfondit cet autre axe fondamental du travail d’Iván Navarro : la musique comme instrument politique et social. En intégrant la percussion comme élément sculptural et performatif, l’œuvre fait résonner le silence comme une force collective.

Un ensemble de 23 pièces, allant de la série Shell shock (2024-2025) à l'hommage à Josef Albers et à Francisco de Goya (Esto es malo, no se puede mirar [C’est horrible, impossible à regarder], 2013), prolonge le récit de l'exposition. Les installations reprenant le motif du miroir infini introduisent une nouvelle métaphore récurrente dans l’œuvre de Navarro : le miroir comme reflet de notre expérience du monde, infini, instable et sous surveillance constante ; l'utilisation de miroirs sans tain s'inspirant essentiellement des salles d'interrogatoire des commissariats de police.
Influencées par l'op art et la poésie concrète, ces installations forment un langage visuel qui invite les visiteurs à observer, ressentir, questionner et écouter.

Light Years témoigne de la renommée internationale d’Iván Navarro, dont les œuvres ont intégré de nombreuses collections majeures. Le Bronx Museum, le Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas City et le musée des Beaux-Arts de Boston, (États-Unis) ; le Fonds national d’art contemporain, Paris, (France) ; le Thyssen-Bornemisza National Museum, Madrid et la Fondation Arco, Madrid (Espagne) ; le musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro (Brésil); le musée national d’art moderne de Séoul, (Corée du Sud) ; ainsi que la National Gallery of Victoria, Melbourne (Australie).