« Photographier, disait Cartier-Bresson, c’est mettre sur la même ligne de mire l’œil, la tête et le cœur, c’est une façon de vivre. » Cette phrase qui rappelle l’instant décisif et l’humanisme en photographie, invite à une manière d’être et à un art de vivre où éthique et esthétique peuvent encore se rejoindre, le cœur à hauteur de regard.

À l’heure des « créations » numériques, des algorithmes et de l’accélération de toutes nos particules, l’exposition propose de montrer et de raconter autrement. Pas de nostalgie naïve, mais un pas de côté : vers soi, vers les autres, en chemin.

Face à l’urgence et à la pression du spectaculaire, les artistes et les œuvres rassemblés ici conjuguent lenteur, artisanat, élans non rentables et partage d’intimité. Ils parlent d’eux mais aussi de nos vies ; de récits, de liens, de fragilités ; du temps qui passe et de ce que l’on peut y comprendre. Le cœur guide les gestes, la lumière inspire les attentes. Ici la sensibilité prime, qui parle aussi bien des êtres que des choses, sans certitudes, entre douleur et douceur — chacun amenant son histoire, comme dans une vieille chanson de Brassens