Mahmoud Ouhenia
A rejoint Meer en janvier 2026
Mahmoud Ouhenia

Mahmoud Ouhenia est né en Algérie, dans une petite ville de Kabylie. Il a grandi heureusement dans un environnement modeste mais très sain, auprès de deux parents aimants, d’un petit frère très complice et chamailleur, et d’une petite sœur très joyeuse. Il a évolué entouré de dictionnaires, de livres et d’histoires ancestrales de tradition orale transmises par sa grand-mère. En somme, de tout le matériau nécessaire pour nourrir un grand intérêt pour le langage, les langues vivantes et les humanités.

Habiter un pays, c’est habiter une langue : un pays, c’est cela et rien d’autre. Cet aphorisme d’Emil Cioran résume déjà beaucoup de choses en gestation. Le français est venu très tôt, dès le berceau, ou plutôt survenu par le côté paternel. Nous parlons beaucoup de langue maternelle, mais ici le français est avant tout une langue paternelle. Venu transmettre une fenêtre sur le monde, une langue qui allait permettre par la suite d’explorer beaucoup de possibles. Cette appropriation est aussi une distance possible et un recul par rapport au milieu d’origine , une forme de hauteur permise par la langue d’emprunt.

Après un baccalauréat en langue étrangère en Algérie, puis une licence en lettres et littérature françaises, le choix de continuer ses études en France sonnait comme une évidence. Un L3 en linguistique appliquée à l’enseignement du français langue étrangère (ou FLE pour les initiés) à l’université Paris 5 Sorbonne, puis un master 1 (dans la même université), plus théorique, en sciences du langage, spécialité analyse du discours et sociolinguistique. Cela débouchera finalement sur un master 2 plus pratique en expertise sémiologique de la communication.

Études et formation universitaire et théorique à part, il évolue en parallèle dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme pendant ses études. Dans une optique de subsistance depuis son arrivée en France, mais de plus en plus par choix et par affinité pour les métiers de l’hospitalité (réception, hébergement, management, vente, etc.). La France conjugue à la fois l’amour frénétique du repos et de l’efficacité. Tout donner pour avoir le temps d’aller prendre autre chose. Une existence absolument fragmentée, cisaillée par le calendrier.

Ce secteur ne sera pas le seul qu’il explorera. Le bassin parisien étant aussi un bassin d’emploi très dynamique, il a pu exercer en stage en qualité de rédacteur-chercheur, explorer le secteur de l’immobilier et du design d’intérieur comme chargé d’état des lieux, exercer en tant que formateur en langue française dans l’associatif puis dans le secteur privé, prendre un poste de responsable de résidence dans une résidence de tourisme à Pigalle, puis travailler en tant que guide indépendant dans les plus beaux quartiers de Paris. Cet éclectisme n’est pas une errance, mais une exploration sincère et parfois difficile des possibilités de carrière pendant et après les études.

C’est aussi l’expression d’une vie professionnelle qui grandit et se forme sans cesse, dans la difficulté mais avec l’enthousiasme de toujours faire mieux au quotidien. Dans cela, l’écriture a toujours eu sa place de médiateur, d’organisateur des pensées et d’expression des expériences multiples citées ci-dessus. Toujours dans le but de prendre de la hauteur, d’apprécier le chemin parcouru, de partager et d’évoluer sans crainte vers l’avenir. Il y a également une forme d’héritage que l’écriture seule permet. Issue d’une culture plus orale, l’épaisseur et l’atemporalité de l’écriture me sont particulièrement chères.

Les thèmes abordés ici seront toujours à la croisée des expériences vécues et des acquis théoriques, et d’une certaine recherche d’originalité en tant qu’auteur. Exemples : la sémiotique de l’espace, le voyage comme forme de vie, l’urbanisme, l’hôtellerie, le design d’intérieur et bien d’autres belles choses. Cette démarche a pour but de faire ressentir aux lecteurs un véritable souffle, une recherche de style et une lecture riche et plaisante. Il y a volontairement aussi une recherche d’iconoclaste, d’écrire avec sa chair à l’heure des robots, de reprendre goût à la rature, au tâtonnement, aux errances que notre monde nous permet de moins en moins.

En cette occasion, je remercie sincèrement le magazine Meer et toutes les équipes pour leur confiance et pour leur travail, qui rendent cet espace d’expression libre possible, et puis surtout vous, lecteurs, sans lesquels rien n’est possible.

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