Templon Bruxelles célèbre Claude Viallat et les 60 ans de sa célèbre « empreinte » à travers une exposition rassemblant ses dernières œuvres – peintures et objets.

Figure de proue et membre fondateur du groupe avant-gardiste Supports/Surfaces, Claude Viallat poursuit depuis six décennies l’exploration des limites de la peinture, en déclinant « sa » forme - un motif à l’allure d’osselet - sur une large variété de tissus ou de bâches accrochés librement à travers l’espace. Cette « forme de hasard », apparue à l’été 1966, se déploie dans une logique de répétition faite de variations et d’accidents.

« J’ai l’impression d’être un inconscient qui travaille », explique-t-il, revendiquant une approche ouverte, guidée par l’expérimentation. L’exposition réunit une trentaine de toiles expérimentales réalisées entre 2024 et 2026. Par la multiplication des formes, l’artiste fragmente l’espace pictural : « C’est un peu comme s’il n’y avait qu’une seule énorme et immense toile idéale et que je coupe dans cette toile des fragments. Donc chaque toile, hypothétiquement, peut se continuer, ou se répercuter dans d’autres toiles ». Chaque œuvre apparaît comme le prolongement d’un continuum pictural sans début ni fin, transformant l’espace d’exposition en un environnement immersif qui invite le spectateur à la contemplation et à la déambulation.

Les objets de Claude Viallat, expérimentés dès 1969, participent de cette logique de déconstruction de la toile et de liberté du geste. Loin de constituer un écart, ils font partie intégrante de sa production. Composés de bois flotté, cordes et planches, ces objets, souvenirs de voyages et vestiges d’un imaginaire enfantin, témoignent de cette exploration continue des matières issues du quotidien de l’artiste, au cœur d’une pratique qui ne cesse d’éprouver ses limites.