Le film Camata (2024) de Pierre Huyghe déploie dans la Rotonde du musée une méditation où vie et mort, réel et fiction, humain et non-humain se rejouent pour questionner la place de l'humanité au sein d’un univers façonné par la technologie.
Dans le cadre de l'exposition Clair-obscur, le film Camata (2024) de l'artiste français Pierre Huyghe est présenté en majesté au cœur du musée et invite à une méditation sur la place de l’être humain au sein d’un univers régi par la technologie. L’hybridation de la mort à la vie, de la réalité à la fiction, du corps au paysage, du passé au présent et au futur, de la nuit au jour, de l’ombre à la lumière, de la terre au ciel, du rituel au cosmos, de l’humain au non-humain s’y rejoue sans cesse.
Dans la Rotonde, Camata dévoile un paysage entre jour et nuit où se joue un étrange ballet robotique. Orchestré par des algorithmes d’apprentissage automatique, le rythme des images est en perpétuelle transformation. Un ensemble de machines exécutent un rituel de nature inconnue autour d’un squelette humain découvert sans sépulture dans le désert d’Atacama, au Chili. Hanté par la découverte de ce corps mort reposant entre le sol et l’infini du cosmos, Pierre Huyghe invente ici un rituel à la fois archaïque et technologique, où des bras mécaniques activés par l’énergie de panneaux solaires s’animent autour du squelette en une chorégraphie lente et précise comme une autopsie. Ils manipulent avec délicatesse des sphères de verre et des amulettes accomplissant les gestes d’une cérémonie funéraire et métaphysique, invitant à une médiation sur la place de l’humain au sein d’un monde en mutation régi par la technologie.
















