Une confrontation inédite : du 15 février au 3 mai 2026, le Kirchner Museum Davos présente pour la première fois une vaste mise en regard d’Ernst Ludwig Kirchner et de Pablo Picasso. L’exposition réunit près de 100 peintures, sculptures, dessins et estampes provenant de grands musées internationaux et de collections privées. Ainsi se réalise un grand souhait de Kirchner, presque cent ans après sa mort à Davos.

« Kirchner et Picasso ne se sont jamais rencontrés en personne – pourtant leurs œuvres ont marqué la modernité comme peu d’autres artistes. L’exposition met en lumière leurs contrastes tout autant que des proximités surprenantes et l’engagement conscient de Kirchner avec l’œuvre de Picasso », explique la commissaire Katharina Beisiegel, directrice du Kirchner Museum Davos. Ce dialogue constitue le cœur de l’exposition.

Un souhait devient réalité

Le point de départ de l’exposition se trouve chez Kirchner lui-même : « … que j’attends une exposition internationale où Picasso et moi devrions être accrochés côte à côte », écrivait-il en 1933. Près de cent ans plus tard, cette vision devient réalité pour la première fois. « Kirchner. Picasso » se conçoit comme un dialogue entre deux artistes presque du même âge, travaillant à la même époque sans jamais se rencontrer – et empruntant des voies fondamentalement différentes. L’exposition est un projet de coopération internationale entre le Kirchner Museum Davos et le LWL-Museum für Kunst und Kultur de Münster.

Deux chemins, un siècle

Berlin rencontre Paris. La métropole rencontre l’atelier. Picasso marque très tôt l’avant-garde parisienne et révolutionne le langage formel de la modernité avec le cubisme. Kirchner développe son art au sein du groupe d’artistes « Brücke ». Il fait de la grande ville, du corps et du mouvement des motifs centraux et, après la Première Guerre mondiale, trouve à Davos de nouveaux espaces picturaux. L’exposition retrace ces deux parcours artistiques sur plusieurs décennies.

Contrastes – et proximités surprenantes

La confrontation aiguise le regard. Des ensembles thématiques révèlent des points communs : dans le traitement du corps et de l’espace, dans l’exploration d’imaginaires populaires tels que le cirque et le music-hall, ou dans la représentation de l’atelier et des espaces de vie. Les motifs de la grande ville avec ses lumières et ses ombres sont tout autant au centre de l’attention que celui des baigneuses comme image de liberté et de joie de vivre. Malgré des positions différentes, Kirchner et Picasso réagissent à des bouleversements historiques similaires – chacun avec son propre langage artistique.

Le regard de Kirchner sur Picasso – une clé pour l’œuvre tardive

Kirchner suit attentivement l’évolution de Picasso et s’engage tôt et à plusieurs reprises avec son œuvre – bien avant que Picasso ne soit présenté de manière exhaustive à Zurich en 1932. L’exposition montre comment cet échange influence la création tardive de Kirchner sans en compromettre l’indépendance. Son œuvre tardive apparaît ainsi non seulement comme un retrait dans le monde alpin, mais comme une prise de position consciente au sein de la modernité internationale.