Le thermomètre de la BRAFA grimpe dès l’ouverture : le marché est déjà en pleine effervescence. Parmi les 147 exposants, l’atmosphère est extrêmement positive et, durant les trois premiers jours – réservés exclusivement aux collectionneurs les plus fidèles – plusieurs ventes majeures ont déjà été conclues.

Pour sa première participation, Greta Meert (stand 61) signe une entrée remarquée en vendant trois oeuvres dès la soirée d’ouverture. Parmi celles-ci figurent une pièce de l’artiste belge Edith Dekyndt ainsi qu’une remarquable Superficie bianca d’Enrico Castellani (2002), acquis pour 500.000 €. Une première présence à la BRAFA qui s’annonce tout aussi mémorable pour Mulier Mulier Gallery (stand 21) laquelle a déjà cédé une dizaine d’oeuvre, dont un Tom Wesselman de 1968 à 80.000 € et une oeuvre de Tadashi Kawamata avoisinant les 10.000 €. Christophe Boon de Boon Gallery (stand 34) a le plaisir d’annoncer la vente d’une œuvre majeure de l’artiste coréen Kim Tschang Yeul, pour un montant compris entre 350 000 et 400 000 €.

Sur le stand de De Jonckheere (stand 36), les pastilles rouges se multiplient également, notamment pour un élégant pendant de natures mortes signé Jan Van Kessel II. Bernard de Leye (stand 149) a quant à lui vendu un spectaculaire cabinet en ivoire du sud de l’Allemagne, signé Wilhelm Beuoni Knoll et provenant de la prestigieuse famille Weber von Treuenfels.

Chez Klaas Muller (stand 4), président de la BRAFA, les ventes sont nombreuses, une tendance que l’on retrouve également sur le stand de Harold t’Kint de Roodenbeke (stand 38). Ce dernier se réjouit non seulement de la vente d’une importante huile sur toile de Serge Poliakoff, mais aussi d’avoir séduit une nouvelle génération de collectionneurs grâce à des œuvres plus accessibles, proposées à moins de 5.000 € : un signal fort pour la relève. La Galerie A&R Fleury (stand 52) a cédé une huile sur toile de Maria Helena Vieira da Silva, Nuit (1968), ainsi qu’un bronze d’Alicia Penalba de 1959, intitulé Relief japonais.

La BRAFA confirme également son succès pour Stone Gallery (stand 5), où minéruax et fossiles rencontrent un vif engouement auprès de collectionneurs de tous âges. Dès le premier jour, un impressionnant crâne de rhinocéros d’origine sibérienne, daté d’environ 50 000 ans, a trouvé acquéreur.

Stern Pissarro (stand 25) entame lui aussi la foire sur une note très positive avec la vente d’une belle huil de de Pierre-Auguste Renoir représentant une femme dans un paysage, réalisée en 1917. Thomas Deprez Fine Arts (stand 109) confirme son rôle de référence dans le domaine des oeuvres de fin de siècle, en particulier belges : une paire de chaises dessinées par Victor Horta pour la Maison Laruelle-Horta en 1909 a été vendue pour un montant légèrement inférieur à 20.000 €, tandis qu’un exceptionnel porte-manteau de Serrurier-Bovy a trouvé preneur pour environ 30.000 €, tout comme un bas-relief en albâtre intitulé Judith de Joseph Rulot. La galerie parisienne Maison Rapin (stand 16) a quant à elle cédé une série de fleurs en papier maché provenant de la collection Brendel de l’Université de Namur, pour un montant compris entre 60.000 et 80.000 €.

La Patrick Derom Gallery (stand 43) a enregistré la vente d’une œuvre majeure de James Ensor, La prêche de Saint-Babylas, sur panneau enduit daté 1892, ainsi que trois œuvres de Léon Spilliaert, deux artistes emblématiques de la galerie. Présentée par la Galerie Alexis Pentcheff (stand 50) La Liseuse au sein nu de Charles Camoin a été vendue pour 40.000 €. Le solo show consacré à l’œuvre sculptée d’Eugène Dodeigne, sur lequel Francis Maere Fine Arts (stand 46) avait misé, débute lui aussi avec succès : une Idole de 1958 a déjà trouvé acquéreur au cours de ces premiers jours de la foire.

La galerie française Nicolas Bourriaud (stand 71) signe un excellent début d’édition avec la vente de deux bronzes : Quatre singes dégustant des fruits de Guido Righetti et un remarquable Bison d’Amérique signé Jacquelande Sinapi, provenant d’une collection privée française et destiné à rejoindre une collection privée belge.

Sur le stand de Mearini Fine Art (stand 81), l’atmosphère est à la récolte après trois années de participation à la BRAFA : le travail patient de construction d’un nouveau réseau de collectionneurs et d’acheteurs porte aujourd’hui ses fruits, avec plusieurs ventes encourageantes augurant une suite de foire très prometteuse.

Présenté par les nouveaux exposants Van Pruissen Asian Art (stand 18), un spectaculaire vase monumental japonais en bronze à décor de dragon, datant de la période Meiji, a trouvé acquéreur hors d’Europe. Sur ce même stand, un paravent japonais à six panneaux représentant des corbeaux, daté des années 1930, a également suscité un vif intérêt et s’est vendu avec facilité. Claes Gallery (stand 41), référence majeure en art tribal, annonce quant à elle la vente d’un important masque Dan-Mano pour un montant avoisinant les 150.000 €.

Par ailleurs, la galerie a aussi cédé plusieurs poupées Fante ghanéennes de plus petit format, proposées à des prix inférieurs à 10.000 €, séduisant ainsi une nouvelle génération de collectionneurs. Ces acquisitions participent à l’établissement de relations durables et de confiance avec une clientèle renouvelée.

Débuts triomphaux à la BRAFA pour Laurent Schaubrouck (stand 146), nouvel exposant spécialisé en vintage design, qui a vendu près de la moitié de son stand dès l’ouverture de la foire. Hoffman Antiques (stand 9) enregistre également de très belles ventes, parmi lesquelles une élégante paire de tazze en bronze doré, une paire de lampadaires néoclassiques en marbre, ainsi qu’une importante console suédoise en bois sculpté et doré, attribuée à Jean Baptiste Masreliez, figure emblématique de l’ébénisterie stockholmoise de la fin du XVIIIᵉ siècle.

Installée désormais à Bruxelles, la galerie Whitford (stand 87) a vendu plusieurs œuvres des artistes pop Clive Barker et Lacasse, ainsi que des céramiques d’Isabelle Nothomb. La galerie parisienne Brame & Lorenceau (stand 6), elle aussi très remarquée, annonce la vente de plusieurs œuvres, dont une grande toile d’André Lanskoy cédée à un nouveau collectionneur pour un montant proche de 150.000 €.

Si la foire ne fait que commencer, elle s’annonce d’ores et déjà très prometteuse. Véritable baromètre du marché de l’art pour l’année à venir, la BRAFA délivre un signal résolument positif. Malgré une conjoncture historique parfois fluctuante, les collectionneurs continuent d’enrichir leurs collections et de céder aux tentations, au fil des allées feutrées et accueillantes de cette 71ᵉ édition.

Après trois jours seulement, la BRAFA a déjà accueilli 25.000 visiteurs, venus découvrir le nouvel aménagement du site, incluant un nouveau palais dédié à l’offre gastronomique ainsi qu’une scénographie immersive et envoûtante. Une édition qui s’annonce d’ores et déjà comme mémorable.