Par le dessin, la découpe et la peinture, Jean-Claude Silbermann tente de déceler la présence des Mères, tant dans notre vie que dans notre pensée. Les Mères dont, s’adressant à Faust, Méphisto disait : « Je te découvre à regret un des plus grand mystères. Il est des déesses puissantes, qui trônent dans la solitude. Autour d’elles n’existent ni lieu, ni moins encore le temps. L’on se sent ému rien que de parler d’elles. Ce sont les Mères. »

Ainsi sont apparues : Dame Perle, Mère des envoûtements et du jouir retenu, ou encore Dame Lucy du Hadar, Mère des temps à venir — et une quinzaine d’autres Dames, présentes à la galerie Sator du 16 octobre au 21 novembre.

"Né en 1935 dans une famille bourgeoise, ayant échappé aux persécutions de l’Occupation, il rejoint le groupe surréaliste alors qu’il n’a pas encore 18 ans et participe à ses manifestations jusqu’à sa dissolution après la mort d’André Breton, en 1966. Aussi est-il couramment classé surréaliste.

"Mais, comme il l’écrit sur le mur d’un couloir, parmi d’autres maximes et observations : « La disparition du groupe surréaliste n’a en rien changé ce que je suis. Pour moi comme pour tous ceux qui s’y sont trouvés embarqués, être surréaliste, c’est être. »

Et être, pour lui, c’est créer, c’est-à-dire ne pas savoir ce qui va se passer. Il était ainsi quand il a commencé à chercher, vers 1961. Il en est ainsi aujourd’hui."

(Philippe Dagen, Le monde, Avril 2023)