En mai 1976, Fred Lanzenberg, galeriste français installé depuis 10 ans à Bruxelles, ouvre avec Alain Jouffroy « le rendez-vous des Amis ».
Partant de l'oeuvre de Max Ernst de 1922, dans laquelle il remplace les visages des protagonistes par ceux des 22 artistes invités, Jouffroy met en avant les liens qui unissent les artistes et non leurs œuvres. À l’heure où les mouvements artistiques s’essoufflent et où émergent les individualismes, Jouffroy tente d'associer l'oeuvre des artistes par l'amitié, tel un mouvement qui n’aurait pas besoin de manifeste.
Le propos illustrait néanmoins un moment singulier dans le paysage artistique belge et européen — celui d’une effervescence figurative et narrative en réaction aux avant-gardes formalistes, dans la lignée des mouvements de la Nouvelle Figuration et de la Figuration narrative, apparus dès les années 1960 en France et en Belgique.
L’exposition de 2026 : mémoire et création en dialogue
Le Rendez-vous des amis, 1976 – 2026 à la galerie Christophe Gaillard s’inscrit dans le prolongement direct de l’exposition éponyme et propose un dialogue entre mémoire et création, en confrontant œuvres historiques et productions contemporaines. Elle offre ainsi une double lecture : la redécouverte d’artistes dont le travail a durablement marqué l’histoire de l’art de la seconde moitié du XXe siècle, et une ouverture sur la jeune scène bruxelloise, incarnée par le collectif Bardaf, dont les ateliers constituent aujourd’hui l’un des foyers les plus actifs de la création émergente dans la capitale.















