Du lieu du trésor à l’architecture du savoir, Le thésaurus trace une tentative d’ordre face au foisonnement du monde. L’exposition se déploie dans cet intervalle : collectionner, nommer, approcher l’insaisissable.

Emmanuelle Leblanc présente un ensemble d’œuvres entièrement inédites, marquant un retour à l’image et une percée vers la poésie. Seule la série des Diffuses se poursuit, comme une recherche ouverte.

Gemmes, ors, pigments minéraux, surfaces lumineuses : une matérialité dense, presque votive, traverse l’ensemble. En creux apparaît le désir de produire une esthétique des systèmes — inventaires ou cartographies fragiles face à la complexité du visible. Thesaurus se déploie comme une cosmogonie visuelle et mentale, entre archive et vertige.

Les Diffuses blanches, Cosmic Latte, convoquent l’idée d’une synthèse du tout : la couleur moyenne de l’univers, issue de la combinaison de la lumière de centaines de milliers de galaxies. Elles dialoguent avec Pietra, série d’icônes minérales évoquant les pierres à l’origine des couleurs picturales.

Un travail autour du lexique chromatique accompagne ces ensembles. Gemmae est un texte écrit par 3773 pour l’exposition, construit à partir d’une extraction du vocabulaire chromatique issu du livre XXXVII de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, consacré aux pierres. Pensé comme un frontispice à l’entrée de l’exposition, il agit comme un seuil.

Thesaurus propose ainsi une traversée entre matière, langage et lumière — une tentative sensible de contenir les apparences diaprées du monde.