Le Comptoir des Mines Galerie est heureux d’inviter les publics à découvrir les nouvelles recherches de Yasmina Alaoui à l’occasion de la foire 1-54 de Marrakech.
Avec cette exposition, Yasmina Alaoui atteint un point de bascule essentiel dans son oeuvre. Là où Binatna (entre nous) interrogeait déjà les représentations de la féminité au Maroc à travers des strates sociales, intimes et symboliques, cette nouvelle série engage un déplacement plus radical encore : la peinture devient le lieu d’un cheminement instable entre la vie et la mort, entre apparition et disparition, entre célébration et déchirure.
Les corps y sont omniprésents, mais jamais stabilisés. Corps offerts, corps fragmentés, parfois mutilés, parfois d’une beauté troublante, souvent privés de visage, comme si l’identité individuelle s’effaçait au profit d’une expérience plus universelle de la chair. La féminité n’est ni idéalisée ni narrativisée : elle est matière vivante, traversée par des forces contradictoires, à la fois érotique et inerte, vibrante et silencieuse. Cette ambivalence constitue le coeur battant de l’exposition.
La peinture de Yasmina Alaoui ne célèbre pas la vie comme un état stable, mais comme un mouvement fragile, toujours menacé. La perte d’êtres chers n’est jamais illustrée, jamais exhibée, mais elle irrigue l’oeuvre d’une gravité particulière. Les corps semblent parfois errer, se heurter, se soutenir ou s’abandonner, comme pris dans un rituel où la frontière entre effondrement et renaissance demeure incertaine.
(Texte de Hicham Daoudi)










