Après le succès en 2025 de la rétrospective consacrée à Barbara Hepworth, artiste britannique moderne remise en lumière auprès du grand public, la Fondation Maeght présentera du 27 juin au 15 novembre 2026 une exposition d’envergure dédiée à l’artiste américain Ellsworth Kelly. Intitulée Ellsworth Kelly – Aux bords de l’eau, l’exposition explorera – pour la première fois – la présence de l’eau dans le travail de l’artiste, à travers une approche à la fois iconographique et méthodologique conduite par Éric de Chassey, commissaire invité et grand spécialiste de l’artiste. Par son analyse thématique inédite, cette exposition s’annonce comme une contribution importante à l’histoire de l’art, en offrant un regard nouveau sur l’œuvre d’Ellsworth Kelly et sur sa méthode de travail.

Dans mes peintures, je n’invente pas ; mes idées proviennent d’une investigation constante de l’apparence des choses.

(Ellsworth Kelly, 1991)

Figure majeure de l’art américain, Ellsworth Kelly (1923 - 2015) est particulièrement renommé pour ses grands formats abstraits. Tout en étant pleinement non-figuratifs, ceux-ci entretiennent en fait un lien constant avec le regard porté sur le monde par l’artiste. Les éléments liquides en particulier ont captivé son attention tout au long de sa vie, donnant naissance à des dessins d’observation, des peintures et des sculptures abstraites, ainsi que des collages, dont les formes entrent en relation complexe avec des expériences spécifiques de vision qui ont eu lieu au bord de l’eau. Kelly n’a pas cessé de rechercher la présence de l’eau, il a passé beaucoup de temps au bord d’océans, de mers, fleuves, et rivières, notamment à Belle-Île en Bretagne, sur l’Île Saint-Louis à Paris, à Giverny, à Sanary et sur la Côte d’Azur, mais aussi à Coenties Slip (New York) et à Saint-Martin (Antilles)... Dans ses œuvres, il ne se contente pas de reproduire la réalité visible, il cherche à traduire la perception même que l’on peut avoir de l’eau (couleurs, effet de la lumière en surface…) créant notamment des collages où les formes abstraites et colorées semblent émerger de la surface liquide pour être ensuite traduites en peintures et sculptures abouties. Pour Kelly, les paysages aquatiques sont une source d’inspiration inépuisable, faite de paradoxes visuels : une surface plane avec une complexité spatiale, une immobilité perpétuellement en mouvement, une vaste étendue qui donne l’impression d’infini délimité par des bords.

L’exposition, imaginée par Éric de Chassey, spécialiste de l’œuvre de l’artiste à qui il a consacré plusieurs expositions et de nombreux textes, en partenariat étroit avec le Studio Ellsworth Kelly, rassemblera plus d’une centaine d’œuvres de très grandes dimensions comme des formats cartes postales – peintures, sculptures et œuvres graphiques – et proposera une lecture renouvelée d’un thème central, longtemps resté inexploré et pourtant au cœur de la création de l’un des artistes les plus influents des XXe et XXIe siècles. La Fondation Maeght célèbre ainsi un artiste qui s’est lié très tôt avec la famille Maeght, au moment où, en 1948, il revient en France grâce à une bourse du G.I. Bill obtenu pour sa participation au Débarquement en 1944. Ellsworth Kelly a été très rapidement exposé à Paris à la Galerie Maeght et a séjourné à plusieurs reprises dans leur maison de Saint-Paul-de-Vence. L’amitié avec Adrien Maeght durera jusqu’à la fin de sa vie.

« En se concentrant sur un motif unique mais fondamental tout au long de la carrière de Kelly, souvent peu explicite voire non discernable dans les résultats finaux, cette exposition offrira un moyen extraordinaire de comprendre en profondeur la méthode de travail de l’artiste », précise Éric de Chassey.

Pour accompagner l’exposition Ellsworth Kelly – Aux bords de l’eau, la Fondation Maeght proposera un catalogue d’exposition sous la direction d’Éric de Chassey (éditions Fondation Maeght) et une « saison américaine » réunissant concerts (Duke Ellington, Sun Ra, Philip Glass…), performances et rencontres autour de la création américaine.