L’exposition Diego Rivera rencontre Henry Moore, qui inaugure une nouvelle série de présentations consacrées aux dialogues artistiques internationaux, réunit un prêt exceptionnel et une œuvre issue de la collection du musée afin de proposer de nouvelles lectures de l’histoire de l’art moderne. L’installation met en regard Nu aux lys calla (1944) du peintre mexicain Diego Rivera, généreusement prêté par une collection privée, et Femme allongée (1930) du sculpteur britannique Henry Moore, alors figure majeure de l’avant-garde sculpturale en Grande-Bretagne. À travers cette rencontre, l’exposition explore deux approches profondément différentes du nu féminin et de la modernité artistique.

Bien que les deux artistes prennent le corps féminin comme sujet central, leurs œuvres révèlent des visions contrastées du modernisme. Rivera développe une représentation monumentale et profondément incarnée, marquée par une forte présence humaine et sociale, tandis que Moore s’oriente vers une recherche plus abstraite de la forme, du volume et de la relation entre sculpture et espace. La confrontation de ces deux œuvres permet ainsi de mettre en lumière des préoccupations communes tout autant que des conceptions radicalement différentes de ce que l’art pouvait et devait être dans le contexte du XXe siècle. L’exposition invite ainsi à envisager le modernisme non comme un mouvement homogène, mais comme un ensemble de trajectoires artistiques traversées par des échanges, des tensions et des perspectives culturelles multiples.

Des photographies et des dessins provenant de la collection du musée viennent enrichir cette exposition de format intimiste, en apportant un éclairage supplémentaire sur les artistes et leur environnement créatif. Ces documents mettent notamment en avant la figure de Nieves Orozco, modèle et collaboratrice de Rivera, dont la présence permet d’élargir le récit au-delà de la seule comparaison formelle entre les œuvres. À travers ce dialogue entre peinture, sculpture, archives et histoire personnelle, l’exposition propose une réflexion sensible et nuancée sur les multiples visages du modernisme à l’échelle internationale.